Le séminaire Saint-Joseph de Bordeaux accueille cette année vingt-trois séminaristes, des hommes de 21 à 51 ans, avec des parcours très divers, dont six qui arrivent en première année.
« Nous en avions quatre nouveaux l'année dernière, deux l'année précédente, constate le père Pierre Deprecq, supérieur du séminaire Saint-Joseph. C'est plutôt une dimension ascendante, due au travail du service des Vocations, qui est un bon terreau. Je perçois également les fruits de l'année sacerdotale; je pense que la prière a été féconde. De plus, je constate également qu'aucun séminariste n'a interrompu sa formation l’année dernière. »
Sur les pas de St Jean-Marie VIANNEY, curé d'ArsUne session de rentrée pleine de symboles
Comme d'habitude, les séminaristes et les Pères du séminaire, c'est-à-dire les prêtres qui accompagnent les jeunes en formation, en qualité de professeurs, se sont retrouvés pour cinq jours de rencontre, de découverte, de retraite, de détente. Dix-neuf séminaristes ont participé à ces quelques jours, les quatre manquants étant en stage au service des plus pauvres au Bénin, au Pérou ou à Paris, avec des SDF.
« Nous étions basés à Ars, raconte le père Deprecq, et avons sillonné la région : Paray-le-Monial, Taizé, Lyon, Limonest, Beaune. Nous avons vécu quelques rencontres sous forme de pèlerinages ; c'était très dense, la session a fortement résonné dans le cœur de chacun. »
Pendant la visite aux hospices de BeauneDès le départ, un long moment a été consacré à une meilleure connaissance des séminaristes entre eux : huit heures de bus, cela laisse du temps aux partages ! Chacun a pu se présenter, parler de sa famille, de son histoire, évoquer son parcours et la manière dont il a été touché par l'appel. « Je suis toujours étonné du fait que le Seigneur sème dans des lieux où on ne l'attend pas », commente le père Deprecq.
Et puis, sur place, dans les différents endroits visités, tous ont été touchés par quelque chose, par la démarche des personnes rencontrées. « L'actuel recteur d'Ars nous a présenté la personnalité du Saint Curé, loin des images d'Épinal que l'on connaît. Il a montré un homme qui s'est laissé saisir par le Christ, un homme qui avait des doutes aussi. »
À Paray-le-Monial, un chapelain leur a donné une conférence resituant le message du sanctuaire dans l'Histoire, lui apportant ainsi une résonance sur la société d'aujourd'hui. Ils ont passé une journée aux hospices de Beaune où ils ont touché la place des malades et des pauvres au Moyen Âge. Ils ont célébré sur la châsse du Saint Curé d'Ars. « Nous avons aussi pris un temps de détente, sourit le père Deprecq, en allant voit le Parc aux oiseaux, près d'Ars. »
Quelques nouveautés dans la formation
L'équipe de formateurs s'est quelque peu étoffée. Il faut dire qu'un des professeurs qui avaient quitté le séminaire l'année dernière n'avait pas été remplacé. C'est ainsi que le père Geoffroi Gardair intègre le Conseil en tant que professeur d'écriture sainte. Par ailleurs, et c'est une nouveauté dans le diocèse, Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux, a demandé à Jean-Pierre Gaïffas de faire partie du Conseil et d'enseigner la philosophie. « C'est un bon signe, montrant qu'on essaie de construire une Église qui n'est pas cléricale », rapporte le supérieur du séminaire.
L'abbé Geoffroi GARDAIR, nouveau Père au séminaire et prêtre coopérateur à MérignacMais les séminaristes auront diverses activités liées à la vie de l'Église universelle ou à leurs propres organisations. Par exemple, les séminaristes sont invités à participer à la préparation des prochaines Journées mondiales de la Jeunesse.
Une initiative intéressante est aussi à signaler : les séminaristes des trois premières années seront rattachés à une communauté paroissiale. « Il s'agit de former les futurs prêtres aux sens du dimanche, explique le père Deprecq. Dans la société d'aujourd'hui, le sens du dimanche est remplacé par le week-end ; or, le dimanche, c'est le jour de l'assemblée chrétienne. Dans le même esprit, il sera demandé à ces séminaristes de participer à une réflexion lancée en France et dans le diocèse de Bordeaux autour de l'assemblée dominicale. C'est une recherche très intéressante. »
Cette nouvelle disposition concerne actuellement douze séminaristes, les autres étant rattachés à une paroisse dans leur diocèse.
La formation des futurs prêtres devrait aussi comporter, cette année, un aspect humain et affectif nouveau, avec des cours sur le célibat, par exemple. « C'est une question sur laquelle je travaille depuis six ans et qui nous a toujours travaillés. Nous voulons un apport supplémentaire sur l'affectivité et la dimension relationnelle, telle que demandée par Jean-Paul II, précise le père Deprecq. On va faire appel à des spécialistes du sujet, participer à des sessions pour les couples. Ce sera intéressant pour leur ministère et pour leur vie personnelle. Ce sera une sorte de projet pédagogique de l'année. »
Autre initiative, celle d'une journée portes ouvertes réservée aux parents des séminaristes, une journée au cours de laquelle ils pourraient s'exprimer entre eux, sur leurs réactions suscitées par la vocation de leur fils, au cours de laquelle ils pourraient rencontrer les professeurs sans parler uniquement de leur enfant. La date de cette journée spéciale pourrait être le 19 mars, jour de la saint-Joseph.
Et puis, cette année, le tournoi de football a lieu dans le diocèse d'Orléans, chez Mgr Blaquart qui les a chaleureusement invités à y participer.
Une retraite réunira tout le monde à la fin du mois de novembre à Echourgnac autour de la personnalité du cardinal John Henry Newman (pasteur anglican converti au catholicisme au XIXe siècle), béatifié le 19 septembre dernier par le Pape Benoît XVI.
«On sent du souffle en ce début d'année, j'en suis très heureux», conclut le supérieur du séminaire Saint-Joseph.
Marie-Paul FINOUX
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