Vivre au séminaire, école d’Évangile, veut dire vivre à la suite du Christ comme les Apôtres, se laisser initier par lui au service du Père et des hommes, sous la conduite de l’Esprit-Saint, et se laisser configurer au Christ Bon Pasteur pour un meilleur service sacerdotal dans l’Église et dans le monde.

Se former au sacerdoce signifie s’entraîner à donner une réponse personnelle à la question fondamentale du Christ : « M’aimes-tu ? » La réponse, pour le futur prêtre, ne peut être que le don total de sa vie.

Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 42

mercredi 24 décembre 2008

Méditation pour Noël


Comme c’est aujourd’hui Noël, vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la crèche. La voici.

Voici La Vierge et voici Joseph et voici l’enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin mais vous le trouverez peut-être un peu naïf. Voyez, les personnages ont de beaux atours mais ils sont tout raides: on dirait des marionnettes. Ils n’étaient sûrement pas comme cela. Si vous étiez comme moi, dont les yeux sont fermés… Mais écoutez: vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux qui n’a paru qu’une fois sur une figure humaine. Car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois et elle lui donnera le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Et par moments, la tentation est si forte qu’elle oublie qu’il est Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit: mon petit! Mais à d’autres moments, elle demeure tout interdite et elle pense: Dieu est là – et elle se sent prise d’une horreur religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant terrifiant. Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments devant ce fragment rebelle de leur chair qu’est leur enfant et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a fait avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer.

Et c’est une dure épreuve pour une mère d’avoir honte de soi et de sa condition humaine devant son fils.

Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments, rapides et glissants, où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle, et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense: «Ce Dieu est mon enfant. Cette chair divine est ma chair. Il est fait de moi, il a mes yeux, et cette forme de sa bouche c’est la forme de la mienne. Il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble.

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, une Dieu qu’on peut toucher et qui vit. Et c’est dans ces moments-là que je peindrais Marie, si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant-Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède et qui lui sourit.

Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.

Et Joseph? Joseph, je ne le peindrai pas. Je ne montrerai qu’une ombre au fond de la grange et deux yeux brillants. Car je ne sais que dire de Joseph et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer et il se sent un peu en exil.

Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu, combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera pour apprendre à accepter.


Jean-Paul Sartre
extrait de Bariona ou le Fils du tonnerre (Noël 1940).


vendredi 19 décembre 2008

Bientôt Noël

O Fils de la race de Jessé,
signe dressé devant les peuples,
Toi devant qui les souverains resteront silencieux,
Toi que les peuples appelleront au secours,
délivre-nous,
VIENS, NE TARDE PLUS !


La communauté du séminaire St Joseph adresse ses meilleurs voeux aux internautes qui lui font l'honneur d'une visite en ce temps de Noël.


Dans le mystère de la Nativité,
celui qui par nature est invisible
se rend visible à nos yeux ;
engendré avant le temps,
il entre dans le cours du temps.
Faisant renaître en lui la création déchue,
il restaure toute chose
et remet l'homme égaré sur le chemin de ton Royaume.


2° préface de la Nativité

samedi 13 décembre 2008

Les chantres de Saint Hilaire en concert dans la chapelle du séminaire


Le 13 décembre 2008
Concert de Noël - Polyphonies d'Aquitaine - musiques a cappella à la fin du 16ème s.
Les Chantres de Saint-Hilaire : FX Lacroux - Lucie Fouquet - Guillaume Delpech - Deryck Webb - Glenn Guernalec

A travers la trame d'un office de Vêpres du jour de Noël, les Chantres redonnent vie à un répertoire polyphonique spécifique à l'Aquitaine, en regard avec des compositeurs connus qui se sont arrêtés sur les terres bordelaises... Une musique porteuse de spiritualité...

Cf. http://artsenciel.over-blog.fr/

quelques nouvelles du Pérou

CONTACTER RAPHAËL
Adresse postale : Padre Antonio Morales
Urbanizacion “Alto de la luna”
Parroquia Virgen de Fatima
Hunter – Arequipa - PEROU
+ 51 54 44 01 90
raphael.assie (at) gmail.com
Tél. : +33 1 47 45 96 60 / Fax : +33 1 47 45 96 31

Voici le premier rapport missionnaire de Raphaël Assié, parti avec FIDESCO :

Raphael Assié,
Educateur à la paroisse Virgen de Fatima
Hunter - Arequipa - Pérou

FIDESCO
Organisme catholique de solidarité internationale
18, bd du Général Koenig
92 521 Neuilly sur Seine Cedex
FRANCE
E-mail : fidesco@emmanuel.info
www.fidesco-international.org

Date: 8 décembre 2008

Rapport missionnaire N° 1


Très chers amis et bienfaiteurs,


Voilà deux mois que je suis arrivé au pays du lama et du condor et en démarrant cette première année de volontariat je souhaite vous dire toute ma joie et mon espérance à vivre cette expérience et vous remercier pour votre soutien et vos encouragements. Grâce à vous, mon départ a été rendu possible et c’est avec
une grande reconnaissance que je vous livre ici mon premier rapport, recueil de mon nouveau quotidien et de mes premières impressions « ¡ en Arequipa ! ».

Mes débuts de mission
Chers amis, c’est réel, je foule cette terre d’Amérique du Sud, riche de ses civilisations incas et pré-incas, et devenue latine et catholique voilà bientôt plus de cinq siècles. J’ai atterri à Lima dans la nuit du 1er au 2 octobre et j’ai donc voyagé le jour même de la fête de St Thérèse de l’enfant Jésus, patronne des missions.

Je vis en périphérie de la ville d’Arequipa, seconde agglomération du Pérou par son nombre d’habitants (proche d’un million), dans un quartier où les véritables « Arequipeños » qui se soucient de leur réputation, ne souhaitent pas venir. Je vous rassure tout de suite, il n’y a rien de dangereux, simplement ici se confondent toutes les situations inimaginables. On rencontre facilement une veuve sans ressource dont le voisin est très bien installé ou encore un berger qui n’hésitera pas à faire traverser une avenue à ses brebis.

J’habite au presbytère avec le père Antonio Morales, curé de la paroisse « Virgen de Fatima de Hunter ». Le territoire paroissial compte près de 20 000 âmes dans les quartiers les plus délaissés de la municipalité.

Dès les premiers jours, j’ai accompagné le père Antonio Morales dans ses visites régulières auprès des malades. Assez vite, j’ai découvert les situations douloureuses que peuvent endurer bon nombre de nos paroissiens : pauvreté matérielle, maltraitance des enfants ou bien des personnes âgées, alcoolisme et violence conjugale, en somme, tous les maux que peuvent engendrer la misère et une éducation insuffisante.

Face à la misère de certains, je me suis réjoui de repérer des jeunes généreux, souvent très investis dans leurs engagements. C’est principalement pour eux que le curé de la paroisse a fait appel à Fidesco.

Dernièrement, nous avons inauguré trois salles paroissiales financées en grande majorité par une association française, « Mañana juntos ». Il n’existait jusqu’à présent qu’une unique pièce sombre aux murs délavés. La paroisse, qui suite au changement de pasteur en 2006, est passée d’un état lymphatique à l’hyperactivité, recevait souvent ses divers groupes à l’extérieur faute de locaux. Grâces à ces « salones parroquiales », chaque groupe va pouvoir améliorer la mission et le travail engagés dans des conditions plus adéquates. Nous allons en conséquence pouvoir recevoir beaucoup plus de personnes à la fois et ainsi programmer et lancer le programme de soutien scolaire.

Vous pouvez donc imaginer qu’à mon arrivée, j’ai trouvé la paroisse en état de chantier. Ma première activité a été et reste encore d’accompagner le père Antonio dans la conduite et l’achèvement des travaux. Partagés entre l’obligation de tenir correctement la comptabilité et le suivi des achats, nous avons dû gérer au mieux la somme d’euros qui nous restait alors que l’inflation venait perturber les prix des matériaux. L’économie péruvienne marche au rythme de l’US dollar sachant que c’étaient des euros que nous détenions pour faire nos transactions. J’ai donc sillonné dans tous les sens les multiples zones commerciales d’Arequipa. A chaque fois c’est un véritable conte que de concrétiser un achat. Les commerces marchent ici en corporations et c’est un régal pour le père Antonio que de faire marcher la concurrence. Le « gringuito » que je suis se trouvait dans les premiers temps mal à l’aise devant ces histoires de marchandage. Petit à petit, j’ai saisi que c’était ainsi que fonctionnait le commerce au Pérou et que finalement ce n’était pas si difficile que cela de marchander. Une fois que l’on a, par exemple, acheté ses 100 mètres carrés de carrelage, il faut encore trouver le chauffeur qui va charger et transporter la marchandise. A nouveau il faut faire marcher la concurrence. Mais il n’est pas rare qu’il nous abandonne au dernier moment parce qu’il a trouvé un meilleur client ou que venir à Hunter le dérange. Vient donc ensuite le moment du transport parfois si pittoresque. C’est un bonheur avec parfois quelques frayeurs que de traverser la plaine d’Arequipa, sous le regard du Misti, assis à l’arrière d’une camionnette, sur une tonne de carrelage et en respirant de fortes et bonnes odeurs d’échappements. On se sent vivre !

À l’attention des bienfaiteurs qui ne me connaîtraient pas :

À l’étonnement de beaucoup, je parais jeune mais j’ai 24 ans. Je suis l’aîné d’une fratrie de six enfants. Mes origines se partagent entre la Bretagne et le midi de la France, les Corbières plus exactement où j’ai vécu mon enfance et adolescence. Après avoir travaillé trois heureuses années au montage des Airbus à Toulouse, j’ai souhaité vérifier un appel au sacerdoce en faisant une année de discernement avec l’Emmanuel. Aujourd’hui membre de cette communauté, je suis maintenant séminariste du diocèse de Bordeaux. Tout au long de mon premier cycle d’étude au séminaire, je me suis interrogé sur un complément dans ma formation. J’avais le désir et la curiosité de partir en dehors de notre antique Europe. A l’appel de Fidesco, j’ai répondu favorablement au projet du père Antonio Morales.

Le 19 novembre dernier est venu à la paroisse Mgr Javier Rio del Alba, archevêque d’Arequipa. Nous l’avions invité à bénir et inaugurer ce nécessaire agrandissement de la paroisse, pour la joie de tous les paroissiens. Cette réponse favorable à notre invitation nous a obligés d’accélérer la progression des travaux. La question était : jusqu'à quel point aurons-nous avancé la finition des salles ? En effet, les vitres ont été posées la veille de l’inauguration, les derniers coups de pinceaux deux heures avant la bénédiction, le dernier interrupteur 15 minutes avant l’arrivée de l’évêque ! La foule était au rendez-vous et chaque entité de la paroisse avait apporté sa contribution pour que la fête soit belle. Nous étions de même honorés par la présence de Jean-Luc
Moens, président de Fidesco, qui commençait à ce moment là une visite générale de l’ensemble des volontaires Fidesco présent au Pérou. La disponibilité de l’archevêque étant comptée, ce fut court mais dense en émotions. De petite stature, sa présence et sa parole de pasteur ont, je le crois, fortement avivé la motivation de beaucoup d’entre nous. Il nous a exhortés à être lumière et sel de la terre pour tous les habitants de Hunter, à apporter largement dans tous les foyers de Hunter, de la saveur, du goût et de la joie à suivre le Christ et à se donner en son Nom.

Il me semble également nécessaire de vous informer comment je perçois l’économie péruvienne. J’ai découvert une expression qui dit que « le Pérou est un pauvre et vieil homme assis sur un banc d’or ! ». En effet, le pays regorge de richesses. Le territoire se découpe en trois régions : la costa (côte), la sierra (la cordillère des Andes avec ses pics et ses vallées) et la selva (la partie amazonienne) chacune détenant ses richesses propres. Le sol regorge de pétrole et de minerais. La pêche, l’agriculture et l’agro-industrie tiennent une place conséquente dans l’économie. Le tourisme est également en plein développement. Pourtant ici les droits du travail sont souvent violés.

Je pense que la première profession au Pérou doit être chauffeur de taxi. Ils sont plus de 28 000 dans la seule ville d’Arequipa. C’est la solution de secours la plus efficace, ici, lorsqu’un homme perd son travail. Quand aux femmes, elles ont le choix entre être vendeuses ou bien ouvrir « una tienda », un de ces nombreux petits magasins de subsistance qui fleurissent dans toutes les rues. Ainsi, pour garder un travail convenable, il faut être prêt à de nombreux sacrifices et à beaucoup de vaillance : soit quitter sa famille pour aller à la mine, soit travailler de 6 à 19h sachant que le repos dominical n’est pas une coutume dans ce pays majoritairement catholique.

Devant une telle situation, et sachant que la crise économique n’arrange rien, la vie familiale est souvent compliquée. Nombreux sont les foyers qui partagent une vie commune avec les grands-parents, les cousins, la belle famille. La promiscuité n’aide pas toujours à la saine croissance des jeunes que j’ai pu rencontrer. Il y a beaucoup trop de séparations et divorces. De plus, les enfants sortent de l’école en début d’après-midi. Beaucoup sont livrés à eux-mêmes, traînent dans la rue, et ne retrouvent que tard leurs parents, qui sont fatigués d’une journée de travail et décompressent devant la télévision.


Jusqu'à la dernière minute !


L’éducation donnée par l’Etat reste également un peu précaire. C’est pourquoi, on rencontre une sorte de commerce dans le système scolaire péruvien. Sur la municipalité de Hunter, on compte un peu plus de vingt « colegios privados », chacun ayant son tarif et sa qualité d’enseignement.

Ce constat, je le vérifie quotidiennement grâce à la vie pastorale que j’assimile de jour en jour. La paroisse a déjà donné en période de vacances scolaires des cours de cuisine et une initiation aux langues étrangères comme l’italien, le français ou l’anglais. Le succès de ces temps instructifs pour les jeunes, au vu de la situation de certains d’entre eux, motive le père Antonio pour organiser quelque chose pour eux.

A ce jour, il nous reste à aménager les salles en bancs, tables, tableaux… afin de débuter en janvier prochain des ateliers de langues étrangères et de vie quotidienne. Enfin, pour la rentrée scolaire 2009, nous commencerons le soutien scolaire auprès des enfants et d’adolescents qui en auront le plus besoin.

Le département d’Arequipa: avec 1 100 000 habitants, le département compte essentiellement une population urbaine. La ville s’étend sur une vaste plaine à 2300 mètres d’altitude. Elle se trouve au pied d’un impressionnant volcan appelé « El Misti » s’élevant à 5800 mètres et imparfaitement éteint. Deux autres moins impressionnants (le « Chachani » et le « Pichu-Pichu ») ceinturent plus au loin la ville. La partie sud du Pérou fait partie des zones sismiques les plus fortes au monde. Ici la terre tremble régulièrement. Le dernier grand « terremoto » en date a eu lieu en 2001. Moi-même j’en ai senti deux depuis mon arrivée. L’économie de la province fonctionne essentiellement grâce au commerce, un peu d’industrie mais surtout grâce aux ressources gagnées après extraction des minerais que l’on trouve « en Arequipa » : or-argent-cuivre-manganèse.
- « El Misti » vu depuis Hunter -

Les Péruviens disent que les Arequipeños sont fiers de leur identité, de leur cuisine, de leur ville, ce que j’ai vérifié. En effet, la région compte de nombreuses spécialités culinaires. Les bâtiments d’époque coloniale ont été construits avec de la pierre volcanique blanche d’où le surnom de « ciudad blanca ». On pourrait faire ici, pour nous français, comme une sorte de parallèle avec l’identité basque ou bretonne.

Les bouleversements intérieurs

Quitter son milieu naturel, son pays, ses habitudes, sa langue et s’installer dans le quotidien de nouveaux proches n’est pas sans bouleversements intérieurs… en tout cas pour moi !

Le premier bousculement intérieur serait peut-être celui subi par l’estomac. Le changement d’eau et d’aliments étant nécessaire, il faut y passer !

Mais j’aurai plutôt le désir de vous témoigner mon premier week-end paroissial, 28e dimanche du temps ordinaire de l’année 2008. Le père Antonio célèbre chaque dimanche cinq messes dominicales. La première assemblée est paroissiale et se réunit dès 7h du matin dans une église trop étroite pour les trois-cents fidèles présents. Une heure et demie après ce déploiement liturgique, changement total ! Nous sommes sous une sorte de « capilla » de plein air, lieu de dévotion dans l'une des zones assez pauvres du territoire paroissial. A notre arrivée l'assemblée est composée majoritairement de vieilles et pauvres indiennes malades (je vous laisse imaginer). Au fur et à mesure que la liturgie de la parole progresse, l'assemblée triple de volume (peut être bien de vingt à soixante personnes). Quelques chiens errants viennent également peupler l’assemblée et se frotter à l’ambon. L’Évangile de ce dimanche est la parabole du « festin nuptial » en Mt 22, 1-14 : un roi prépare et invite des convives aux noces de son fils. Tout le monde décline son invitation, et il se résout à inviter tous ceux qui passaient par là, les bons comme les mauvais.

Imaginez l’homélie qu’il est possible de délivrer à tous ces pauvres du Seigneur... Saisi par la puissance de l'Évangile et du pasteur qui m'accueille en ces débuts, j’aurais souhaité qu'il se taise parce que j'étais trop ému... Silence, attention, ferveur: « El Señor es mi pastor nada me falta ! »

Après une pause café, la troisième messe se passe cette fois-ci avec une assemblée de « biens portants » comme on pourrait dire ! Nous sommes à la « Mansion del Fundador », ancienne résidence du fondateur d'Arequipa qui possède une splendide chapelle à l'extérieur de la ville, aujourd'hui devenue un lieu touristique sur le territoire paroissial. Que vous dire sinon que je faisais sans cesse des retours sur l'Évangile. Jésus se rend présent au milieu des miséreux comme des personnes favorisées par la vie. Les deux autres messes sont en fin de journée, l’une dans une zone pauvre et affectée par la présence des églises et sectes en tout genres, l’autre de nouveau à la paroisse toujours comble et composée majoritairement de jeunes.

Une autre cause de déplacements intérieurs, c’est l’apprentissage d’une langue dans une mentalité différente de la nôtre. Je n’avais aucune connaissance en espagnol avant septembre dernier. J’ai donc débarqué avec ce handicap et sans avoir forcément l’expérience de ce que représentait l’effort de se plier à une autre langue. Les premiers temps furent formidables car je vivais cela comme une expérience enrichissante. Mais au bout de quelques semaines, une fois fini le temps de découverte, je me suis senti pauvre et limité dans l’expression de tout ce qui va au-delà de la vie quotidienne. Alors s’ouvre le chemin de la conversion : patience et humilité, on ne peut pas tout acquérir d’un coup. « Raphaël, apprends à te faire pauvre avec les plus pauvres ! »

Les découvertes

Loin des stéréotypes qui m’habitaient avant mon départ, j’ai découvert qu’on ne mange pas que du maïs ou des haricots rouges au Pérou. Comme je vous le disais, les gens sont fiers de leur cuisine et les saveurs sont au rendez-vous. Heureusement pour l’Européen que je suis, les sauces piquantes et autres piments comme « el ají » sont servis à l’extérieur du plat, enfin, la plupart du temps… J’ai pu également déguster mon premier « cuy », c'est à dire cochon d'inde, qui est frit et pané à la farine de maïs. J’ai dit que ce n’était pas mauvais mais je n'en mangerais pas tous les jours !

Mais nombreux encore sont les changements, le climat par exemple. Il fait ciel bleu en Arequipa toute l’année. Le soleil est particulièrement fort parce que l’on se situe sous un trou de la couche d’ozone. Moi que n’aime pas mettre quelque chose sur la tête, je ne sors plus sans ma casquette, à tel point qu’elle se décolore.

Nous venons de rentrer dans le temps de l’Avent, et c’est aussi le début de l’été au Pérou. Pour Arequipa, qui dit été dit pluie, nuages, chaleur et neige sur le Misti. Cela semble assez paradoxal, mais c’est en été qu’il pleut les 150 mm annuel et que les hauts sommets retrouvent une couleur blanche. J’attends de voir comment va se passer un Noël avec de telles conditions.

Sur le plan des traditions, le mois d’octobre a été chargé de nombreuses processions en l’honneur du « Señor de los Milagros », dévotion catholique originaire de Lima suite à l’apparition miraculeuse d’une image du Christ en Faveur des peuples autochtones à l’époque des conquistadores. Les messes et les processions pleuvaient de tous côtés. Cela reste un grand temps de fête pour le peuple péruvien qui l’exprime par beaucoup de pétards, de sucreries et de boissons. Pour clôturer le mois, on arrive à la fête de Toussaint et au jour de prière pour les défunts. Durant ces deux jours, les cimetières ne désemplissent pas. On y vient en famille partager un bon repas tiré du sac et l’on partage avec le défunt ce qu’il aimait bien, souvent de la bière par exemple. On introduit tout ce que l’on peut dans le sol de la tombe. Pour décorer le tombeau, on achète de grosses couronnes de fleurs en platiques.

Des fanfares sont également présentent et viennent jouer pour les familles qui
les payent auprès de la tombe. C’est assez surprenant à voir, je l’avoue ! Autre tradition qui est en fait une réelle institution, c’est la célébration des anniversaires. Ici on ne peut pas oublier de fêter l’anniversaire de ses proches et amis. Bien au contraire, c’est l’occasion à ne pas manquer pour se retrouver dans une atmosphère très sympathique en famille ou entre amis. On commence par partager une assiette copieuse, puis on va danser sur des airs de cumbia ou bien de danses traditionnelles pour arriver au moment très attendu où celui que l’on fête doit goûter son gâteau d’anniversaire au point d’y mettre son visage dedans. C’est tout un cérémonial !

Avant de conclure ce premier recueil d’impressions, je veux encore vous relater les décalages vécus parfois dans les transports. Il m’est arrivé par exemple de monter dans un gros 4x4 avec chauffeur pour aller visiter un européen expatrié et juste après de circuler dans une vieille américaine des années 50 à moitié désossée. A ces jours, un de mes déplacements les plus surréalistes a été d’arriver pour la célébration d’un mariage franco-péruvien en ambulance !

Chers amis et bienfaiteurs, voici le moment de vous saluer et de vous redire toute ma reconnaissance pour votre présence et votre soutien. J’espère que vous avez pu lire et entendre que c'est l'Évangile que l'on peut vivre ici : des pauvres, des bien portants, des malades, des jeunes, des souffrances et des joies... et une réelle vie fraternelle qui s’installe avec le père Antonio. Je l'ai surnommé « Padre francophile » : ces dix années passées en France et en Wallonie ont fait de lui un amoureux de la culture française.

Je confie à votre intercession le démarrage du soutien scolaire, des ateliers et la croissance de tous ce que nous souhaitons mener à bien dans les semaines à venir. C’est plus particulièrement la jeunesse que nous pouvons remettre entre les mains de Dieu. L’exemple et l’investissement de beaucoup d’entre eux m’encouragent énormément.

Je vous promets au prochain rapport de vous présenter certain d’entre eux !
En attendant notre prochaine rencontre, je vous souhaite une très bonne fête de Noël.

Que la paix et la joie règnent dans vos familles !

Rafaelito (ils aiment bien mettre des « ito » un peu partout !)

jeudi 11 décembre 2008

Solennité de l'Immaculée Conception au séminaire

La fête du séminaire a eu lieu ce lundi, en présence de Mgr Housset, évêque de la Rochelle et Saintes. C'est au cours de cette solennité de l'Immaculée Conception qu'ont été admis parmi les candidats au sacrement de l'ordre, Bruno et Emmanuel. La communauté du Séminaire s'est réjouie de revoir et d'accueillir beaucoup d'anciens de la maison et de multiples amis et bienfaiteurs. Joie ausi d'entendre l'Evangile proclamé par le nouveau diacre François, ordonné la veille à Cognac.
Un Numéro des échos du séminaire est paru à cette occasion, téléchargeable sur ce même blog.


mercredi 10 décembre 2008

IX° tournoi annuel de BRIDGE



Au profit de l'oeuvre des Séminaires
Tournoi homologué FFB - tournoi amical - Parties libres

Organisé par le Secteur Pastoral de Bordeaux-Centre
(Cathédrale - Notre Dame - Saint Louis)

Le dimanche 11 janvier 2009 à 15 h 30 précises
Possibilité de rejoindre à 19 h 45 pour dîner

à
Hôtel Mercure Château Chartrons, 81 Cours Saint Louis ( Parking gratuit sur place )
http://www.accorhotels.com/accorhotels/fichehotel/fr/mer/1810/fiche_hotel.shtml
S'inscrire AVANT le 20 décembre 2008
auprès de
Madame Catherine de BARILLON, 14 Place des Quinconces, 33000 BORDEAUX

Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez adresser vos dons (à l'ordre de : Association Diocésaine de Bordeaux )
au trésorier : Etienne SANS, 9, rue de Budos - 33000 BORDEAUX.
(Un reçu fiscal sera envoyé)



lundi 8 décembre 2008

l'écho du séminaire vient de paraître

Pour la première fois depuis qu'il existe l'écho du séminaire est publié sous forme électronique.

Cliquez ici pour télécharger la version électronique - et en couleur ! - de l'écho du séminaire du 8 décembre 2008 (fichier pdf, 6,4Mo).

Retrouvez les articles rédigés par les séminaristes et par les Pères

Au sommaire :

  • Éditorial par le P. Deprecq
  • Ce n'est qu'un au revoir, Père B. Fixes
  • La session de rentrée à Lourdes, Jean-Paul Granger
  • Ah... encourageante morale ! Lionel Bokino
  • Les quatre piliers de la formation, Sébastien Gauvrit, Stephen Dugoujon, Jérôme Pomié, Sylvain Flipo
  • Rencontre avec Guillaume Marie, tiré de l'Aquitaine, n°20, du vendredi 21 novembre 2008
  • Les canards confi(ts)és à Dieu, dessins de Jean-Marie Parrat
  • Provenance des séminaristes, carte réalisée par le P. Deprecq
  • Les JMJ à Sydney, benoît Bouteleux
  • Qu'est-ce que l'équipe de vie ? Joseph Doan
  • Théologie pastorale : 4 séminaristes de 4 continents, Alban Kerne
  • Échos du Pérou, Raphaël Assié
  • Nouvelles de Martinique, André Vénitus
  • L'insertion pastorale à Libourne, Pierre Nguyen
  • Vendée... Globe ? Jean-Marie Parrat
  • Qui sont les jeunes qui entrent aujourd'hui au séminaire, en France ? d'après une enquête du service national des vocations, 2008
  • Agenda



Agenda du séminaire

BIENVENUE SUR LE BLOG DU GRAND SEMINAIRE SAINT JOSEPH DE BORDEAUX

145, rue de Saint Genès
33 082 BORDEAUX Cedex
T. 05 57 57 32 32



Contact mail du séminaire Saint Joseph de Bordeaux