Vivre au séminaire, école d’Évangile, veut dire vivre à la suite du Christ comme les Apôtres, se laisser initier par lui au service du Père et des hommes, sous la conduite de l’Esprit-Saint, et se laisser configurer au Christ Bon Pasteur pour un meilleur service sacerdotal dans l’Église et dans le monde.

Se former au sacerdoce signifie s’entraîner à donner une réponse personnelle à la question fondamentale du Christ : « M’aimes-tu ? » La réponse, pour le futur prêtre, ne peut être que le don total de sa vie.

Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 42

jeudi 16 octobre 2008

Homélie de la Première messe de l'abbé Florian Marchand au séminaire


PREMIERE MESSE EN L'HONNEUR DE LA VIERGE MARIE

Aujourd’hui, la forme de notre liturgie est grande et belle, elle approche presque celle des solennités de l’Immaculée Conception ou de la Dédicace et je ne m’en plaindrai pas. Mais à nous de ne pas nous tromper : la forme de la liturgie, si importante soit-¬¬elle, est au service du fond de la liturgie. C’est donc avec Marie, dernier maillon de l’arbre de Jessé de qui le rameau a fleuri, elle qui hérite des promesses de l’Ancien Testament et qui inaugure celles du Nouveau, que je vous propose de scruter ce fond de notre liturgie de ce jour.

Il serait mal à propos de regarder Marie comme celle qui dirait tout du ministère sacerdotal mais il serait très juste de prendre Marie comme modèle pour tout ce qui touche à la sainteté du ministre.

Marie est une femme obéissante : mais Marie n’obéit pas servilement mais dans l’amour. Elle n’est pas résignée : elle consent toujours de grand cœur, même si elle est surprise au point de ne pas tout comprendre, de ne pas tout maîtriser, elle s’abandonne. Et ce peut être là la première des clefs de la fécondité de notre ministère : un abandon confiant et aimant vis-à-vis de l’Eglise et de ceux qui la gouvernent. Même si nous pouvons poser des questions lorsque nous ne comprenons pas, ce que fait aussi Marie : « Comment cela va-t-il se faire », pensons que l’obéissance qui conduit à la sainteté est plus fructueuse qu’un projet certes légitime mais qui est le fruit de la désobéissance, de la défiance.

Marie nous renvoie donc au-delà d’elle-même, au mystère qu’elle porte en elle. Elle est la mère du Nouvel Adam. J’aurais envie de dire que Marie est celle qui s’efface devant Celui qu’elle porte au monde : « Faites tout ce qu’il vous dira » ; comme Marie, nous devons nous effacer nous-mêmes devant Celui que nous portons : refusant d’avoir la main mise sur qui que ce soit, nous devons imiter Marie : porteur du Christ à nos frères, nous ne devons ni essayer de contrôler celui qui nous a missionné, ni même ceux auprès de qui nous sommes envoyés : il y a là quelque chose de la chasteté de Marie qu’il est important de faire nôtre et d’imiter.

Pour conclure, je voudrais vous encourager à prier Marie fidèlement et à vous confier en elle en reprenant cette prière de Jean-Paul II :
« Nous te saluons, ô Vierge Marie, Mère du Christ et Mère des prêtres ! Garde en ton cœur immaculé les prêtres de ton Fils.
Donne-nous un jour de contempler près de toi le sacerdoce de ton Fils.
Obtiens à tous les prêtres à l’image de ton Fils la plénitude de ses dons.
Protège la croissance des prêtres de ton Fils, daigne accompagner le ministère de tes fils. »

Que la Vierge Marie, au moment où nous approchons de son Fils nous aide à dilater notre cœur pour l’aimer Lui, celui sur qui nous fondons notre vie et celui que nous voulons servir par notre vie,
Amen.

Homélie de l'abbé Florian Marchand, lors de sa première messe au séminaire, ce lundi 13 octobre 2008
Rm 5,12.17-19 ; Jd 13 ; Lc 2, 27-35

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