
Homélie de Mgr Jacques Blaquard, évêque auxilaire de Bordeaux.
Admission Sébastien LESCA et Jean-Marie PARRAT Joie ce soir au Séminaire de Bordeaux !
Joie pour nous tous, familles et amis des deux candidats, Sébastien et Jean-Marie, de vivre avec eux cette célébration d’admission !
Joie, parce que ce jour résonne comme une promesse pour l’avenir de l’Eglise avec ce premier engagement de vous donner à Dieu comme « candidats au sacrement de l’ordre. »
Cette joie, nous la partageons avec vos deux diocèses : de Luçon, où Jean-Marie est incardiné, tout en étant séminariste de la communauté de l’Emmanuel, et de Bordeaux, où est incardiné Sébastien.
La joie de ce jour s’enrichit du temps liturgique de l’Avent qui résonne lui-même chaque année comme une promesse de l’action de Dieu dans notre humanité,
et de la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie qui, comme dit le Concile, « brille devant le Peuple de Dieu en marche comme un signe d’espérance certaine et de consolation. »
1°/ Plus la joie est profonde, plus elle est vraie !Et cette profondeur, ce fondement de l’engagement de Jean-Marie et de Sébastien, je voudrais le rappeler avec la deuxième lecture, tirée du chapitre 1er de la lettre de St Paul aux chrétiens d’Ephèse.
Si vous avez été choisis, ce n’est pas d’abord pour devenir prêtres un jour, c’est pour que vous soyez saints !
« Le Christ nous a choisis pour que nous soyons saints. »
Demander : « Veux-tu recevoir le Baptême ? » signifie demander en même temps : « Veux-tu devenir Saint ? ». Et Jean-Paul II ajoutait qu’il y là une « radicalité ». On pourrait ajouter « incontournable ».
Aujourd’hui, si vous êtes admis comme candidats au sacerdoce, c’est d’abord parce que vous êtes des baptisés. Ne l’oubliez jamais ! Et contemplez, gardez toujours à l’esprit la Sainteté de Jésus, qui, « de riche qu’il était, s’est fait pauvre », serviteur crucifié !
« Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d’homme. »
Etre apôtre n’est possible qu’en marchant résolument à la suite du maître, dans le renoncement total de soi-même, par amour pour Lui.
Pour cela, vivez quotidiennement avec Lui :
Apprenez à ne faire qu’un avec Lui, dans un compagnonnage de tous les instants, où humblement, pauvrement, vous accepterez de vous laisser guider « là où vous ne voulez pas aller » spontanément, avec une confiance totale en ceux qui sont chargés de vous guider, des pères pour votre formation, vos évêques et des prêtres, leurs collaborateurs. Aimez d’avance les frères que vous voulez rejoindre dans le Sacerdoce !
Soyez confiants ! Prenez pour modèle l’obéissance de Marie, sa confiance, sa prière constante.
2°/ Saint Paul nous dit encore que « Dieu nous a, d’avance, destinés à devenir son Peuple »Et que la première qualité qui est demandée à un prêtre avec son attachement au Christ, c’est sa relation pastorale, c’est l’amour pour les autres, à l’exemple du Christ pasteur, pris de pitié devant les foules sans berger, remué aux entrailles par la détresse du lépreux ou la veuve de Naim.
Cultivez dès maintenant cet amour du Peuple de Dieu, qui dépasse largement les frontières de l’Eglise institutionnelle pour s’étendre à toute la famille humaine. C’est toute l’humanité, la multitude, qui est dans le cœur de Dieu.
Cultivez cet amour, notamment auprès des plus pauvres, des plus malheureux, en ayant le souci de les atteindre dans leurs soucis propres et leur culture.
Surtout, ne vous situez pas dans l’Eglise comme dans une forteresse, contre le monde, mais, comme dit le Concile, « les joies et les espoirs des hommes de ce temps, des pauvres surtout, sont aussi les joies et les espoirs des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. »… comme dans le cœur de Jésus.
Pour cela, cultivez-vous, soyez ouverts à tous, formez-vous humainement !
3°/ Dans quelques instants, je vais vous poser deux questions : La première est celle-ci : « Voulez-vous poursuivre votre formation pour acquérir la compétence nécessaire ? »
Vous le découvrez chaque jour : la Bonne Volonté ne suffit pas. Saisissez la chance qui vous est donnée de travailler intellectuellement ici. Donnez-vous à fond ! Pour « approfondir votre vocation en vous servant des moyens que vos responsables vous fourniront. »
Par l’étude, liée à la prière, cherchez le Christ et ce qu’il attend de vous !
La deuxième question précise : « Voulez-vous développer une ferme disposition à servir le Christ et son corps qui est l’Eglise ? »
A l’exemple du Christ lui-même, à l’exemple de l’Immaculée, vous êtes appelés à dire Oui !
Mais un Oui qui demande des renoncements, un chemin de dépossession de soi.
Il s’agit, dans une lutte constante avec soi-même, de se laisser façonner par Dieu et par d’autres, comme l’argile dans la main du potier.
Il s’agit au fond de déposer les armes, pour écouter en profondeur ce que Dieu attend de vous et qu’il vous manifeste par les autres bien souvent.
L’admission produira du fruit si vous êtes complètement donnés… à ce que Dieu veut pour vous, et qui demande une grande disponibilité intérieure et extérieure.
Et c’est cette disponibilité, cette dépossession, ce Oui l’exemple de Marie, que je vous invite à cultiver vous-même !
Que, devant l’imprévu, l’inattendu de Dieu,
devant ses appels qui peuvent vous bousculer, qui vous bousculent,
vous répondiez du plus profond de vous-même, avec une confiance éperdue :
« Seigneur, je suis un pauvre serviteur.
Que tout se passe pour moi selon ta Parole ! »
Monseigneur Jacques BLAQUART
Evêque auxiliaire de Bordeaux


Mot de remerciement pour les admissions 2007
Au terme de cette eucharistie, je voudrais prendre la parole au nom de toute la communauté du séminaire saint Joseph, pour adresser des remerciements, un peu longs, je préfère le dire au début !
Tout d’abord, un grand merci à vous, Monseigneur Blaquart, d’avoir bien voulu venir présider cette solennité de la veille de l’Immaculée Conception et célébrer l’admission de Jean-Marie et Sébastien. Merci au Père Jacques Rideau, administrateur diocésain du diocèse de Luçon pour sa présence qui nous touche particulièrement en cette période où votre diocèse est en attente d’un nouvel évêque et où vous portez le poids de la conduite du Peuple de Dieu ; soyez sure que notre prière vous accompagne.
Je voudrais remercier les Parents et familles des séminaristes, qui consentez parfois à un projet inattendu pour votre fils, votre frère, votre petit fils. Merci de votre présence et merci du don que vous faites à l’Eglise.
Je voudrais remercier tous les formateurs, et ils sont nombreux. Je pense tout d’abord aux professeurs, et c’est vrai que c’est vous qui semaine après semaine, prenez beaucoup de temps et dépensez beaucoup d’énergie pour initier les séminaristes aux diverses disciplines bibliques, spirituelles, philosophiques, théologiques, historiques et à toutes les autres matières enseignées au séminaire. Merci pour la qualité de vos cours et le partage de votre science, pour la formation des intelligences du clergé de demain.
Parmi les formateurs, je ne voudrais pas oublier les prêtres et les curés qui accueillent régulièrement les séminaristes, et qui par leur témoignage et leur parole, par leur écoute aussi, initient progressivement les séminaristes au ministère pastoral. A leur côté, et en lien avec l’équipe des Pères du séminaire, il y a aussi tous les fidèles laïcs engagés dans la mission de l’Eglise et qui, eux aussi, prennent leur part dans cette initiation, par le biais des activités apostoliques, des équipes d’accompagnement, l’accueil lors des stages caritatifs ou des week-ends pastoraux.
Je voudrais, à un titre spécial, remercier tous ceux qui prennent leur part dans la formation des futurs prêtres, à commencer par ceux qui nous servent quotidiennement ; le personnel et la directrice du centre Louis Beaulieu ; je pense aussi à tous ceux qui donnent financièrement pour que notre institution puisse donner une formation de qualité, je pense à ceux qui organisent des lotos, des ventes, des bridges et autres propositions, pour trouver les financements indispensables. Ce soir, je voudrais remercier particulièrement ceux qui ont soutenu le projet de réfection des cloches et du clocher. Certes, il y a eu quelques dérangements et les réglages des sonneries ont parfois suscité quelques agacements, mais, plusieurs personnes du quartier m’ont témoigné de leur joie d’être en communion de prière avec le séminaire.
Notre chapelle est bien remplie ce soir, et pourtant tous n’ont pu venir et beaucoup m’ont assuré de leur communion avec nous tous. Je pense à Jean-Vivien qui m’a appelé longuement hier soir de Lima au Pérou pour nous dire sa grande communion de pensée et de prière. Je pense aux communautés religieuses et aux fidèles, qui jour après jour, portent les séminaristes et leurs formateurs dans la prière et dans l’offrande de leur vie, et qui prient pour que d’autres jeunes n’aient pas peur de mettre leur pas dans ceux du Christ. Le Seigneur appelle et des jeunes répondent à son appel, nous en sommes témoins ici. Nous croyons que le sacerdoce n’est pas une vocation dépassée, mais qu’au contraire, on peut pleinement accomplir sa vie en devenant prêtre diocésain. Nous croyons que les prêtres sont indispensables à la vie de l’Eglise, qu’il ne peut y avoir d’Eglise sans prêtre et que le sacerdoce n’est pas une concurrence à l’engagement des fidèles laïcs dans l’Eglise et la société. L’un appelle l’autre. Les uns ont besoin des autres.
N’hésitez pas à prendre en sortant, le dernier numéro des échos du séminaire sorti hier de nos presses. N’hésitez pas à diffuser ce numéro autour de vous ; c’est un petit moyen simple pour contribuer à la pastorale des vocations. Il donne aussi quelques dates de RDV en dernière page. Selon l’expression traditionnelle de ce jour, ce numéro n’a pas de prix, mais il a un coût, vous pourrez donc aussi laisser votre obole dans les corbeilles prévues à cet effet et prendre une petite image souvenir pour continuer à prier en communion avec nous.
Ne partez pas tout de suite, mais prenons le temps de nous retrouver en sortant à gauche dans le grand réfectoire, pour l’apéritif dînatoire préparé par les séminaristes et le personnel de la cuisine du Centre St Louis Beaulieu.
P. Pierre DEPRECQ