Vivre au séminaire, école d’Évangile, veut dire vivre à la suite du Christ comme les Apôtres, se laisser initier par lui au service du Père et des hommes, sous la conduite de l’Esprit-Saint, et se laisser configurer au Christ Bon Pasteur pour un meilleur service sacerdotal dans l’Église et dans le monde.

Se former au sacerdoce signifie s’entraîner à donner une réponse personnelle à la question fondamentale du Christ : « M’aimes-tu ? » La réponse, pour le futur prêtre, ne peut être que le don total de sa vie.

Jean-Paul II - Je vous donnerai des pasteurs (Pastores dabo vobis) § 42

lundi 13 février 2012

VENDREDI 16 et SAMEDI 17 MARS 2012 Journées portes ouvertes du séminaire Saint Joseph de Bordeaux et vente au profit de la formation des futurs prêtres

JOURNÉES PORTES OUVERTES
AU SÉMINAIRE
SAINT JOSEPH DE BORDEAUX
VENDREDI 16 et SAMEDI 17 MARS 2012
à partir de 10 h 00 et toute la journée145, rue de St Genès - 33 082 BORDEAUX - 05 57 57 32 32
A l'occasion de la traditionnelle VENTE AU PROFIT DU SEMINAIRE, les séminaristes accueilleront, témoigneront, feront visiter le séminaire... On peut venir, seul, en groupe, en famille, avec des jeunes, des adultes, des personnes âgées.... 


Beaucoup s’interrogent sur ces jeunes garçons issus des Provinces de Bordeaux et Poitiers qui répondent aujourd’hui à l’appel du Seigneur et s’engagent pour un long temps de discernement et d’étude : 6 années dans une vie, ce n’est pas rien ! Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment ont-ils entendu l’appel ? Comment se passe leur formation ? Quelles sont les étapes qui la jalonnent jusqu’à l’ordination ? Quelles sont leurs conditions de vie ? Que portent-ils comme questions et préoccupations ? Comment se sentent-ils dans l’Eglise et comment vivent-ils en proximité avec ce monde en mutation ? Etc...


Les séminaristes seront heureux de partager avec vous ce qui fait leur vie. N’hésitez pas à suivre les visites qui vous seront proposées. Prenez le temps du dialogue et l’échange. Partagez-leur vos attentes et vos questions !


Ils seront aussi heureux de vous offrir un concert spirituel ce vendredi soir autour des 50 ans de l'ouverture du concile Vatican II


BONNE VISITE !

P. Pierre Deprecq, supérieur
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NOUVEAU ! Faire un don en ligne et recevoir un reçu fiscal        www.aidonsleseminaire.fr
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Plus d'infos 
Tel : 05 57 57 32 32



Vendredi 16 et Samedi 17 mars  2012 
Vente au profit du Séminaire de Bordeaux
145 rue de Saint Genès à Bordeaux
Tél :05 57 57 32 32 - mail :  seminaire.bx@gmail.com
Cette vente annuelle a pour but de participer, pour une très large part,  au financement  de  la formation de nos  futurs prêtres. 20 jeunes  poursuivent actuellement leurs études au sein du Séminaire de Bordeaux.
Vins, fleurs, gâteaux, huîtres, produits du marché, livres, vêtements d’enfants, brocante, aquarelles, confitures, et de très nombreux stands, préparés tout au long de l’année par les bénévoles des différentes paroisses de la région bordelaise, offrent aux visiteurs un moyen de soutenir financièrement ces futurs prêtres.
Ces deux journées sont aussi une occasion de découvrir la vie des séminaristes grâce à une opération « Portes Ouvertes du Séminaire ».
Vendredi : vente à partir de 10H et à :
18H30 : Messe célébrée par Mgr Dognin
19H30 : Repas familial (10€)
21H : Veillée  musicale proposée et animée par les séminaristes
Samedi : vente de 10H à 17H
Vendredi et Samedi :
   -Un déjeuner sera servi  chaque jour (tarif adulte 16€-enfant 5€). Réservation sur place ou par téléphone 05 57 57 32 32
   -Stands de jeux pour les enfants, chamboule-tout, pêche à la ligne, jeux de bois, et  le samedi  après-midi, jeux de Wii pour les plus grands. 
   -Une nouveauté de 2012 : Vous pourrez vous inscrire à des cours d’initiation à la dégustation de vins de 2H15 animés par Nathalie Quintois , sommelier diplômé, lauréat du trophée Ruinart . Séance à 10H et à 15H les 2 jours. Tarif 35€. Inscription au 06 82 30 55 41
Merci de nous apporter votre soutien  par votre présence, mais aussi  par votre contribution à la diffusion  de cette information

Entrer en Carême avec les jeunes du diocèse de Bordeaux réunis autour de leur archevêque

C'est une invitation désormais traditionnelle.
La cathédrale de Bordeaux ouvre ses portes aux lycéens, étudiants et jeunes professionnels à l'occasion de l'entrée en carême, le mercredi des cendres.
Cette célébration aura lieu le mercredi 22 février à 19 h 30 à la cathédrale Saint André de Bordeaux. 
Elle sera présidée par le Cardinal Jean-Pierre Ricard accompagné de son évêque auxiliaire, Monseigneur Laurent Dognin.

Le centre Nazareth accueille dans ses locaux au 212 rue de Pessac à Bordeaux :

- La Pastorale des Jeunes du diocèse de Bordeaux : Mail :  centrenazareth33@orange.fr

Accueil du Centre Nazareth : Mme Véronique POUZOULET : Tél : 05 56 46 76 90 Mail : centrenazareth33@orange.fr 


samedi 11 février 2012

Combien de futurs prêtres aujourd'hui en France ?

Chaque année, quelques mois après la rentrée universitaire, des statistiques établies dans lesséminaires sont remontées à la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcsen mission ecclésiale. Son nouveau Président, Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d'Amiens en fait une présentation dans le communiqué suivant.

Mgr Bernard PODVIN
Porte-parole des évêques de France

Ordination à Lyon en 2010
Il est souvent demandé à l'Eglise catholique aujourd'hui : « Avez-vous encore des vocations à la prêtrise ? Combien sont-elles ? » En 2011, le nombre d'ordinations de prêtresdiocésains fut de 106. Soit une hausse de 10% par rapport à l'année précédente. Le nombre de candidats en premier cycle a également augmenté (312 contre 302).

On soulignera l'effet positif, sur les vocations, de l'année de fondation spirituelle appelée aussi « Propédeutique » : 68% des nouveaux candidats en proviennent, tandis que 15% des nouveaux séminaristes viennent directement du monde du travail.

Le groupe GFU (étudiants poursuivant leurs études profanes tout en recevant une première formation sacerdotale) se compose de 21 candidats.

Il y a aujourd'hui, en France, 710 candidats au ministère de prêtre diocésain. Ils étaient 732 l'an dernier. Le second cycle est en effet passé de 430 à 398 candidats.

Cette statistique inclut les diocèses d'Outre Mer, la Mission de France et le diocèse aux Armées.

Parmi ces futurs prêtres, 9% sont de nationalité étrangère et demanderont à être prêtres dediocèses de France. 8% d'entre eux sont membres de communautés nouvelles (notamment L'Emmanuel ou le Néo catéchuménat). La communauté Saint Martin, quant à elle, de droit Pontifical, (dont les membres ne sont pas seulement au service des évêques de France, mais aussi de l'Eglise Universelle), compte 60 séminaristes et a eu 8 ordinations sacerdotales en 2011.

Comme le veut la tradition du respect de la liberté de chacun dans sa formation, 82 candidats ont changé d'orientation durant leur séminaire. Ils étaient 102 en 2010. Ceci représente 11% de l'effectif et n'a donc rien d'exceptionnel. Parmi ces 11%, 78% ont opté pour le laïcat et 12% pour lavie consacrée.

L'encouragement des vocations, le soutien des séminaires demeure une priorité essentielle pour l'Eglise en France. Lors des dernières Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, beaucoup de jeunes Français, étudiants et professionnels, ont signifié leur désir d'être accompagnés spirituellement, en vue de cette décision.

Monseigneur Jean-Luc Bouilleret,
Evêque d'Amiens
Président de la commission pour les ministres ordonnés
et les laïcs en mission ecclésiale.

lundi 16 janvier 2012

témoignage d'un prêtre heureux ! un cadeau d’anniversaire


Un cadeau d’anniversaire

Cette année, je célébrais le 39e anniversaire de mon ordination. C’était en lien avec la fête du Christ Roi. Je pense que j’ai reçu mon « cadeau d’anniversaire » les 12 et 13 novembre dernier, c’était quelques jours avant. Je ne l’avais pas demandé. Je n’y avais même pas pensé. Huit jeunes hommes en formation, en 1er Cycle au Séminaire Saint Joseph de Bordeaux, sont venus passer quelques heures sur notre paroisse.

Le premier temps fut une rencontre avec les jeunes de l’aumônerie de Lavardac. Quel bel échange, quels témoignages, quelle écoute. Les jeunes de l’aumônerie étaient toute attention et les Séminaristes étonnés, d’un groupe si vivant. Pour moi, ce temps fut « comme une gorgée de bonheur », comme un cadeau de Noël posé dans mes chaussures de curé, étonné d’une telle joie et d’un tel cadeau…

Le repas, la nuit dans les familles, la messe du dimanche, la présence d’une délégation de l’Arche en Agenais, les agapes festives du dimanche midi, la promenade sur la paroisse et la prière du soir tous ensemble dans l’Eglise de Vianne, quelle chance. En mars, il y aura portes ouvertes rue Saint Genès à Bordeaux. Ce serait bien d’y aller.

Seigneur, je le crois, des hommes sont aussi, aujourd’hui, capables de répondre présents à ton appel.

Pourquoi une telle joie ?

*Parce qu’on m’a demandé ce « service » et ce témoignage ? (recevoir le 1er Cycle de Bordeaux ?) – peut-être un peu.

*Parce que je n’ai eu aucune difficulté auprès des familles que j’ai sollicitées ? sûr c’est joie.

*Parce que les responsables et les jeunes de l’aumônerie se sont sentis concernés pour préparer et animer la messe du dimanche – mais surtout pour être là pour la soirée du samedi – ils étaient une vingtaine.

*Parce que cette soirée fut comme une soirée des Vocations, que chacun s’est présenté simplement et que les Séminaristes ont dit aussi comment ils avaient répondu à un appel tout en sachant qu’ils sont encore au début de la route. Quel beau partage…

Mais pourquoi une telle joie ? Peut-être parce que je finissais par croire en l’hiver de l’Eglise et que ces deux jours, j’ai vécu un clin d’œil du printemps – comme une joie forte.

L’Abbé Bernard Granereau

vendredi 23 décembre 2011

Joyeux Noël et Bonne et sainte année 2012

 

vendredi 16 décembre 2011

Répartition des séminaristes par Diocèse : priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson

La rentrée de Septembre 2011 a vu arriver trois nouveaux séminaristes  en première année. (Deux pour le diocèse de Bordeaux et un pour le diocèse d'Agen). Jean-Michel, 27 ans, expert comptable, Marie, 29 ans, Congolais, philosophe, et Dominique, 35 ans, horticulteur. Avant leur entrée au séminaire, Jean-Michel et Marie ont vécu l’année du parcours Simon Pierre, année de réflexion et de discernement sur la vocation. Quant à Dominique, après un début de cheminement au séminaire d’Ars et des années d’expériences humaines et professionnelles, c’est en Lot et Garonne, dans le cadre du foyer de Charité de Lacépède que le Seigneur est de nouveau venu le chercher. Ce sont donc 16 séminaristes qui vivent leur discernement et leur formation à plein temps au séminaire St Joseph ; 4 autres séminaristes vivent une période de stage tout en restant en lien avec le séminaire. Par ailleurs, 6 jeunes du diocèse de Bordeaux sont entrés en septembre 2011 dans une année de fondation spirituelle (préparation à l'entrée au séminaire) et plusieurs suivent l’année du parcours Simon Pierre animée par les services des vocations de notre Province. Parmi les nouveautés de la formation, dés leur première année, les séminaristes sont envoyés en paroisse le dimanche, sur l'agglomération bordelaise. (Cette année, St Augustin, St Seurin, Notre Dame, le Sacré Cœur, Mérignac). On compte aussi plusieurs nouveaux professeurs et intervenants : Mme Tiberghien (psychologie), Mme d’Orléans (Métaphysique), Mr Suire et Mr Braure (histoire). Les séminaristes vivront cette année une session sur le dialogue interreligieux et une journée de formation commune avec les candidats au diaconat permanent sur l’œcuménisme.
Nous sommes heureux de vous présenter ci-après « une carte géographique  illustrée » des séminaristes. Nous vous invitons à nous rejoindre pour l’un ou l’autre des prochains temps forts du séminaire. Que la joie de Celui qui vient illumine nos cœurs et nous donne d’en témoigner.  Bonne fin d’année à chacun de nos amis et bienfaiteurs.
 P. Pierre Deprecq

vendredi 9 décembre 2011

8 décembre : Célébration de l'immaculée Conception et admissions de Thierry, Jean-Paul, Mario et Nicolas parmi les candidats au sacrement de l'ordre




ME VOICI !
"Voici le Peuple immense de ceux qui t'ont cherché"
Homélie de Mgr Charrier, évêque de Tulle, venu présider les admissions.

Les mots de la prière sont bien évidemment les mots de notre foi et de la foi de l’Eglise. Je vous rappelle la prière qui est montée de nos cœurs en ouvrant la célébration : Seigneur, tu as préparé à ton Fils une demeure digne de lui par la conception immaculée de la Vierge ; tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils. Le Pape Pie IX en 1854 a repris ces mêmes mots pour définir le dogme de l’Immaculée Conception. Des mots venus de la tradition de l’Eglise depuis le 15ème siècle. On peut le dire, l’Eglise, comme la vierge Marie, a médité dans son cœur les paroles de l’ange Gabriel : Je te salue, Comblée de grâce. L’Eglise a médité dans son cœur l’hymne de louange de Paul aux Ephésiens : Béni soit Dieu qui nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ.

Tout vient de Dieu, toute bénédiction, tout appel, toute vocation. En Christ, Dieu nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous a destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ. En lui, il nous a d’avance destinés à devenir son peuple. Elle vient de Dieu cette histoire du peuple d’Israël qui nous a donné ce petit Reste des humbles et des justes. Elle vient de lui l’humanité de cette jeune fille de Nazareth qu’il a comblée de sa grâce. C’est lui qui a préparé à son Fils une demeure digne de lui, préservée de tout péché. Il vient de lui cet enfant que, vierge, elle va concevoir.

Et nous tous, nous sommes portés par cet appel et cette bénédiction. Dieu nous en a fait la grâce avant la création du monde. C’est sur cette bénédiction que nous appuyons notre confiance.

Chers amis, l’Eglise aujourd’hui vous admet parmi les candidats au ministère de prêtre. Et vous, vous lui offrez votre disponibilité. Faites-le en confiance. Confiance malgré tout. Malgré bien des raisons d’être inquiets. Il suffit de regarder nos limites et nos faiblesses personnelles. Sans parler de la situation de l’Eglise dans notre société et de la pauvreté de nos ressources humaines. Nous sommes en si petit nombre à porter la charge du ministère apostolique. Nous ne connaissons pas les choses de l’avenir. Nous n’avons pas la maîtrise des événements.
Nous pouvons en être bouleversés et nous pouvons nous interroger sur le comment, tout comme fut bouleversée la jeune fille de Nazareth, tout comme elle s’interrogea sur le comment. Elle non plus ne connaissait pas les choses de l’avenir. La grâce et la bénédiction de Dieu ont reçu de sa part la réponse qui émerveille l’Eglise et qui la guide et qui nous guide encore sur le chemin : Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole.

Le mystère de l’Eglise est déjà là, en germe, avant l’éclosion de Pentecôte. C’est la grâce dont Dieu nous a tous comblés. C’est la foi qui nous fait dire comme la Vierge Immaculée : que tout se passe pour moi selon ta parole. C’est là l’expérience spirituelle fondamentale qu’il vous est donné de vivre.
Toute votre formation trouve ici son foyer et son élan. Le temps du séminaire vous est donné pour connaître et comprendre dans toute sa largeur et sa profondeur la grâce que Dieu fait à notre humanité, pour reconnaître dans l’histoire des hommes hier et aujourd’hui, l’histoire du salut. Votre intelligence et votre ouverture d’esprit sont sollicitées. Mais connaître les choses de Dieu, c’est aussi les accueillir au plus profond de votre vie, pour vous laisser toucher par la grâce, et pour construire une réponse libre et aimante, généreuse, humble et confiante.

Se dessinent ici les contours de la compétence qu’il vous faut développer parce qu’elle est nécessaire au ministère de prêtre. C’est une compétence humaine. Celle que Saint Paul évoque avec une grande clarté dans la lettre aux Philippiens : Tout ce qu’il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré, bref ce qui s’appelle vertu et mérite l’éloge, tout cela portez-le à votre actif. C’est aussi une compétence intellectuelle, celle qui permet de comprendre le monde dans lequel nous sommes, celle qui nous rend capable de travailler avec d’autres sans complexe et dans le respect de tous. C’est bien sûr une compétence spirituelle et pastorale qui repose sur deux qualités attendues par le peuple chrétien : la bonté et celle qui fait dire : c’est un homme de Dieu.

Chers amis, l’étape d’aujourd’hui vous réjouit et vous engage. Et nous, nous entendons la parole du Christ : Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Notre prière vous accompagne, pour qu’il vous soit donné de devenir toujours plus des hommes selon le cœur de Dieu.

samedi 3 décembre 2011

Vente de livres d'occasion


VENTE DE LIVRES D'OCCASION
 
sans interruption de 10h à 18h
 
jeudi 8 et vendredi 9 décembre 2011
 
au centre Louis Beaulieu                                                     
145 rue de saint Genès
 
tram B arrêt "Bergonié"   bus 26 arrêt "Ségur"
                           Parking sur place
 
Organisé par la BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE
au profit de la conservation du fonds et du suivi des collections

 
REVUES, SPIRITUALITE,LITTERATURE, HISTOIRE, RELIGION, ARTS, COLLECTIONS...

La bibliothèque diocésaine
Un trésor de 100 000 ouvrages !
OÙ ?
Au centre de Bordeaux
Tramway : Bergonié, Bus 26
145 rue Saint-Genès
33082 Bordeaux Cedex
Tél. : 05 57 57 32 44
bibdioc33@gmail.com

OUVERTURE
lundi-mercredi 14:00-18:30
mardi-jeudi-vendredi 13:30-18:30

CONSULTATION
consultation sur place et prêt d'ouvrages
  • documents usuels: aucune formalité d’inscription
  • autres documents: Inscription obligatoire
Un trésor de 100 000 ouvrages !
Théologie, philosophie, exégèse… le plus gros ensemble bordelais de livres et de documents sur la vie régionale. Un fonds de livres anciens très important.
Un outil pour ceux qui viennent se former au Centre Beaulieu au Séminaire Saint Joseph et à l'Institut Pey-Berland
Pôle de conservation partagée pour le SUDOC

UNE EQUIPE A VOTRE SERVICE
Madame Aleth Depaz ainsi que de nombreux bénévoles.

  • une salle de consultation
  • une salle de travail
  • des outils informatiques

vendredi 2 décembre 2011

Bientôt les 50 ans de l'ouverture du concile VATICAN II

Le 11 octobre 1962, le Concile Vatican II s'ouvrait à Rome. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille et Vice-président de la Conférence des évêques de France, pilote la préparation des célébrations qui marqueront le cinquantième anniversaire de cet événement.

Pourquoi fêter le 50ème anniversaire du Concile Vatican II ?

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50 ans, c'est une échéance intéressante. S'il n'y a plus beaucoup de témoins directs - hormis Mgr Jean Vilnet, évêque émérite de Lille, et Mgr Géry Leuliet, évêque émérite d'Amiens, qui étaient évêques au moment du Concile - nombreux sont ceux qui ont vécu cet événement alors qu'ils étaient adultes. Beaucoup de monde garde le souvenir de ces années 1962-65. Moi-même, je n'avais que 15 ans en 1965 mais tous les prêtresqui avaient 25/30 ans ont 75/80 ans aujourd'hui. C'est à la fois une échéance proche et lointaine. On a envie de revenir à la source, sans nostalgie, pour retrouver l'énergie, se remettre devant les textes, les considérer 50 ans plus tard, voir ce qu'ils ont permis et ce que le rassemblement lui-même a permis.
 

Comment les évêques de France souhaitent-ils marquer cette date ?

D'abord par un rassemblement à Lourdes (24-25 mars 2012) puis par la célébration des 50 ans dans les diocèses (autour du 11 octobre 2012). Nous allons inviter tout particulièrement les évêques émérites au rassemblement national à Lourdes. C'est un point très important parce qu'ils n'ont plus de charge de gouvernement dans l'Eglise mais conservent une charge symbolique forte. En tant qu'évêques, ils portent avec nous toute la charge symbolique du ministère apostolique. Ils auront donc une place spéciale ce jour-là. Les Célébrations nationales, structure liée aux Archives de France, ont inscrit à leur calendrier 2012 ce cinquantenaire : des colloques universitaires vont être organisés. J'ai été sollicité pour un article à paraître dans le Recueil des Célébrations nationales. C'est très intéressant qu'un organisme - neutre - d'Etat ait jugé nécessaire fêter, lui aussi, cet anniversaire.
 

En quoi consisteront ces deux temps forts ?


A Lourdes, invitation est faite aux diocèses de France de venir avec une délégation d'une trentaine de membres pour constituer une assemblée de 3000 à 4000 personnes. Pendant cette journée et demie auront lieu des interventions d'évêques et des témoignages de chrétiens sur ce que leConcile leur a fait vivre, des temps d'échanges et de prière. Le tout s'articulera autour de 3 thématiques : « Le Christ au centre » (Constitution dogmatique Dei Verbum), « L'Eglise » (Constitution dogmatique Lumen Gentium) et « L'homme » (Constitution pastorale Gaudium et Spes). Trois thématiques donc pour recueillir ce que le Concile Vatican II a apporté à notre Eglise aujourd'hui, à notre conscience chrétienne, pour voir comment il a contribué à approfondir la doctrine sur le Christ, sur l'Eglise et sur l'Homme.

Puis dans la semaine du 11 octobre 2012 - sans doute le dimanche 14 - nous invitons lesdiocèses à imaginer une célébration un peu solennelle, à la cathédrale, pour les 50 ans du concileVatican II.

Il est clair qu'un des objectifs est de dire aux générations qui n'ont pas vécu le Concile qu'il demeure disponible. Personnellement, je me rappelle avoir étudié ces textes au lycée. Je les ai relus plus tard en philosophie puis pendant mes études de théologie. L'idée est de reproposer ces textes. De nombreux ouvrages vont être publiés dont celui de Mgr André Dupleix, ancien Secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, dans la série « Prier 15 jours avec ». Nous espérons aussi que des expositions seront organisées un peu partout en France et notamment à la maison de la Conférence des évêques, à Paris.
 

Qu'attendez-vous de ces célébrations ?

Bien percevoir que le Concile Vatican II est une richesse pour toute l'Eglise qui sans cesse se renouvelle. Mettre au centre le Christ n'est pas une nouveauté. Et pourtant, cela permet de se redire que l'Eglise fait vivre une certaine anthropologie, une certaine idée de l'Homme, une certaine façon de concevoir l'Humanité, redévelopper et redécouvrir des aspects de la doctrine sociale de l'Eglise. Au sein de l'Eglise, la démarche pourrait conduire à renouveler l'adhésion chrétienne. Toute une génération a été fortement marquée par le Concile. Il doit y avoir une génération nouvelle pour prendre la relève. Comment passer le relais aux 30/40 ans ? Je n'ai pas de profondes inquiétudes sur l'avenir de l'Eglise mais un souci réel de passer le relais à la génération suivante. 


5. Pour certains aspects, mon Vénéré Prédécesseur a vu cette Année comme une « conséquence et une exigence de l’après-Concile » [8], bien conscient des graves difficultés du temps, surtout en ce qui concerne la profession de la vraie foi et sa juste interprétation. J’ai considéré que faire commencer l’Année de la foi en coïncidence avec le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires, selon les paroles du bienheureux Jean Paul II, « ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l’intérieur de la Tradition de l’Église… Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » [9]. Moi aussi j’entends redire avec force tout ce que j’ai eu à dire à propos du Concile quelques mois après mon élection comme Successeur de Pierre : « Si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Église »

Extraits du témoignage de Joseph Ratzinger

Le lancement du Concile

Il régnait cependant, à notre arrivée à Rome, une exaltation certaine : ce sentiment mystérieux des commencements qui agite et donne des ailes aux hommes comme aucun autre, sentiment encore accru par la conscience d’être témoin d’un événement de grande portée historique. La multiplicité des langues, qui retentissait encore plus que d’habitude dans la Ville, la richesse des rencontres qui s’offraient, l’attente de ce qui devait se produire, tout cela pouvait faire oublier en un clin d’oeil les craintes secrètes que chacun avait, pour ainsi dire, apportées avec lui au Concile dans ses bagages. Un exemple du conflit caractéristique de sentiments qui s’en dégageait se produisit lors de la cérémonie d’ouverture à Saint-Pierre. La basilique immense, la grandeur de l’antique liturgie, la multitude bariolée des hôtes venus du monde entier, tout cela était impressionnant. Mais de l’autre côté, il y avait un certain malaise dont le symptôme de loin le plus évident était le mécontentement lié à la durée interminable des cérémonies. Il pouvait bien s’agir là d’un critère parfaitement subjectif, mais qui cependant dévoilait quelque chose de plus profond : il manquait à cette cérémonie d’ouverture un élément intégrateur en même temps qu’une unité intérieure. Était-il normal que deux mille cinq cents évêques, sans parler des autres fidèles, fussent condamnés à être les spectateurs silencieux d’une liturgie où, hormis les célébrants officiels, seuls les choeurs de la Chapelle Sixtine faisaient entendre leur voix ? Le fait de ne pas favoriser la participation active des fidèles présents n’était-elle pas le signe du triomphe d’une situation indigente ? Pourquoi fallait-il donc que le Credo fût soigneusement exécuté après la liturgie de la messe, alors qu’il a sa place dans la messe elle-même ? Pourquoi imposer une liturgie de la Parole à part, alors que la messe dispose en soi d’une lecture et d’un évangile ? Pourquoi fallait-il minutieusement chanter les litanies alors que l’on peut encore voir où se situe, dans la liturgie de la messe, la place réservée aux prières d’intercession ? On avait juxtaposé deux liturgies sans établir de liens entre elles et on avait fait apparaître ainsi, de manière très claire, cet archéologisme dangereux dans lequel baignait la liturgie de la messe depuis le concile de Trente, archéologisme qui fait que l’on perçoit à peine le sens véritable des différentes parties de la messe, que l’on ne s’aperçoit même plus qu’elle comporte l’intronisation de l’évangile, la profession de foi et les prières d’intercession.

La Réforme liturgique

La controverse sur la langue de la liturgie occupa curieusement une place considérable dans les débats. Si l’on se souvient que la constitution Veterum sapientia, promulguée peu de temps auparavant, avait pris position de manière décidée en faveur du latin, on pouvait se douter de l’âpreté des discussions, de quel poids pouvait peser une tradition de plus de quinze siècles. Le pittoresque ne fit pas défaut aux débats. Il arriva plus d’une fois que des éloges enflammés du latin fussent tenus dans un pénible latin de cuisine, tandis que les avocats de la langue maternelle étaient capables de s’exprimer, eux, dans un latin des plus classiques ! L’une des propositions les plus singulières émanait du cardinal Spellman, qui ne voulait faire aucune concession à la langue maternelle pour la liturgie de la messe, mais qui émettait en revanche le voeu que les prêtres pussent y recourir pour dire leur bréviaire ! Les discussions purent aussi atteindre à une authentique profondeur. Une citation du discours du patriarche melchite Maximos le montrera : « Il me semble que la valeur presque absolue que l’on veut donner dans l’Église à la langue latine pour la liturgie, l’enseignement et l’administration, se présente comme quelque chose de totalement anormal pour les Églises orientales. Car, finalement, le Christ lui-même a parlé la langue de ses contemporains. Il a aussi célébré le premier sacrifice eucharistique dans la langue que tous ses auditeurs pouvaient comprendre, à savoir l’araméen. Les apôtres et les disciples ont fait de même. Il ne leur serait jamais venu à l’esprit, dans une assemblée chrétienne, de lire les péricopes scripturaires, de chanter les psaumes, de prêcher ou de rompre le pain en utilisant une autre langue que celle que la communauté rassemblée pouvait comprendre. Saint Paul nous dit même expressément : « Si tu ne bénis qu’en esprit (c’est-à-dire dans une langue incompréhensible), comment celui qui a rang de non initié répondra-t-il Amen à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ? Ton action de grâces est belle, certes, mais l’autre n’en est pas édifié… Dans l’assemblée, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, pour instruire aussi les autres, que dix mille en langues (c’est-à-dire incompréhensibles) » (1 Cor 14, 16-19). Toutes les raisons que l’on produit en faveur d’un latin intangible – langue liturgique, certes, mais langue morte aussi – doivent s’incliner devant l’argumentation claire, univoque et précise de l’Apôtre… La langue latine est morte, mais l’Église, elle, est vivante. Si bien que la langue, vecteur de la grâce et de l’Esprit Saint, doit être une langue vivante, car elle est faite pour les hommes et pas pour les anges : il n’existe aucune langue qui doive être intangible… »

Pour une réforme profonde

Ce que le Pape avait dit dans son discours d’ouverture et que nous avons déjà rapporté, à savoir que l’Église n’avait plus maintenant à condamner mais à prodiguer la médecine de la miséricorde, que le Concile n’avait plus à prononcer de condamnations mais à présenter la foi d’une manière nouvelle, qui soit positive, et qu’en outre, selon ses instructions expresses, le Concile devait s’abstenir de fulminer des anathèmes, bref tout ce qu’on aurait auparavant considéré comme une expression de son tempérament personnel, et dont beaucoup ne se souciaient guère, prenait maintenant sens, devenait raisonnable et révélateur. C’est ainsi qu’il advint que, sans s’être concertés, les cardinaux Liénart, Frings, Léger, König, Alfrink, Suenens, Ritter et Béa, chacun à sa manière, élevèrent contre le schéma une critique incisive, jusqu’alors jamais entendue ici, et à laquelle ni ses promoteurs ni ses adversaires ne s’étaient vraiment attendus. De quoi s’agissait-il ? Certainement d’une série de questions théologiques sérieuses : du rapport de l’Écriture à la Tradition, et donc de l’art et de la manière dont la foi est liée à l’histoire, ou encore de la compréhension de l’inspiration et de l’historicité de ce qui est rapporté dans la Sainte Écriture. Autrement dit, tout le problème que la science historique actuelle posait et qui avait été, dans le modernisme, plus ajourné que résolu, revenait à la surface sous une nouvelle forme. Sur ces questions de fond, concernant l’explicitation de la foi, et qui ne peuvent être exposées ici en détail, il ne s’agissait pas tant d’un affrontement entre théories opposées que d’une attitude intellectuelle de fond. On pourrait formuler ainsi la question fondamentale qui se situait à l’arrière plan de toutes ces discussions : l’Église devait-elle s’en tenir à cette attitude mentale antimoderniste, poursuivre sur la ligne de l’isolement, de la condamnation, de la défensive jusqu’au rejet presque angoissé de la nouveauté, ou bien devait-elle, après avoir tracé les limites nécessaires, ouvrir une nouvelle page et aller à la rencontre, d’une manière positive, de ses origines, de ses frères, du monde d’aujourd’hui ? Le fait qu’une majorité si importante se soit prononcée en faveur de la seconde branche de l’alternative a donné à ce Concile un nouveau départ. Il est ainsi devenu plus qu’une simple continuation du premier concile du Vatican. Car Trente et Vatican I étaient au service du mouvement qui visait à isoler, à sécuriser, à délimiter, tandis que le présent Concile, sur la base de ce qui avait été déjà fait, s’est tourné vers une tâche nouvelle.

Un Concile pastoral ?

C’est à partir de cette décision fondamentale, qui est restée constamment à l’arrière-plan de l’ensemble, qu’il faut comprendre les deux arguments principaux revenant continuellement et pouvant se prévaloir des intentions du Pape : les textes doivent avoir une visée pastorale et leur théologie doit être oecuménique. Admettons que l’on puisse abuser de ces deux arguments, qui constituaient les armes principales des forces de progrès, qu’ils puissent être impropres. Admettons aussi qu’ils soient ambigus et équivoques. L’objectivité qu’ils possédaient en l’occurrence, et le sens univoque qui procédait de ce qui a été dit plus haut, étaient sur ces entrefaites devenus évidents. « Pastoral » : un terme qui ne veut pas nécessairement dire flou, dépourvu de substance, purement édifiant, comme cela a pu être compris ici ou là. Un terme qui doit au contraire vouloir dire : partir d’une attention positive à l’homme d’aujourd’hui, qui n’a jamais été aidée par ces condamnations qu’il a trop longtemps entendues sur tout ce qui est faux, tout ce qu’il ne doit pas faire, pour arriver à ce qu’il a trop peu entendu et qu’il veut vraiment entendre, à savoir ce qui est vrai, ce que le message de la foi peut apporter à notre temps, ce que celle-ci a de positif à lui enseigner et à lui dire. « Pastoral » : un terme qui ne veut pas dire non plus édulcoré et vague, mais exempt de querelles d’écoles, de questions disputées bonnes pour spécialistes, de raffinements sans fin dans la controverse à un moment où se font jour précisément des tâches nouvelles qui réclament de tous une discussion ouverte ; « Pastoral » veut dire enfin exempt du jargon scolastique (qui a sa légitimité et peutêtre aussi sa nécessité, mais précisément dans les facultés et non pas dans la prédication et l’exposition de la foi), mais au contraire enraciné dans le langage de l’Écriture, des Pères, des hommes d’aujourd’hui, bref dans le langage vivant de l’homme de tous les temps. De même, « oecuménique » ne doit pas signifier : passer sous silence les vérités sur lesquelles les autres ne sont pas d’accord. Ce qui est vrai doit être dit ouvertement, sans dissimulation ; la vérité intégrale est une partie de l’amour intégral. « OEcuménique » devrait plutôt vouloir dire : cesser de voir les autres purement comme des adversaires contre lesquels il faut se défendre (alors que la séparation existe depuis si longtemps et qu’elle s’est doctrinalement solidifiée), [mais] essayer plutôt de les reconnaître comme des frères à qui l’on parle et de qui on a aussi à apprendre. « OEcuménique » devrait encore signifier : être attentif à la vérité que l’autre possède, à l’élément profondément chrétien qu’il lui est donné de représenter, quand bien même il est séparé de nous ou qu’il se trompe par ailleurs. « OEcuménique » devrait encore pouvoir signifier : tendre vers le tout et non pas seulement ne dire qu’un aspect partiel, qui appelle aussitôt une condamnation ou un correctif, mais percevoir la complétude intérieure de la foi, et ainsi attirer l’attention du frère séparé sur le fait que tout ce qui est authentiquement chrétien a sa place dans le catholicisme. On devrait se souvenir que ces deux mots – oecuménique et catholique – étymologiquement veulent dire la même chose, qu’être catholique, du coup, signifie moins s’enfermer dans toutes sortes de traditions particulières que s’ouvrir à toute la plénitude de ce qui est authentiquement chrétien. C’était précisément cette intention qui aurait dû être mise en valeur à travers les textes proposés. Or, dans leur perpétuation du combat contre le modernisme, ces schémas s’appuyaient presque exclusivement sur la théologie latine des cent dernières années et se trouvaient dès lors visiblement menacés d’un rétrécissement de perspective qui ne pouvait plus que difficilement faire percevoir l’amplitude propre au catholicisme.
 

Vrais et Faux espoirs

Par-delà tout ce qu’il nous est permis d’espérer du Concile, il doit rester clair qu’il y a des choses qu’il ne pourra jamais faire. Mentionnons-en deux : 1. Le Concile ne peut pas supprimer la nature humaine de l’Église. Même après le Concile, cette humanité aura besoin de renouveau. Elle demeurera jusqu’au retour du Seigneur. Et l’une des significations du Concile, dont nous sommes les témoins, n’es telle pas, en fin de compte, de confesser ce besoin de renouveau strict de l’Église, et de demander au Seigneur en l’heure où nous sommes ce renouveau, tout en lui tendant la main pour qu’il l’exauce. 2. Le Concile ne peut pas avoir pour suite immédiate la réunification de la chrétienté divisée. Le poids historique de la séparation est trop lourd pour être supprimé en l’espace de quelques années. On doit ajouter que cela vaut plus entre chrétiens catholiques et protestants qu’entre Église latine et Église grecque, parce que le choc de la Réforme a été plus profond que celui des excommunications de l’an 1054 qui ont séparé l’Orient de l’Occident. Ici demeure le fondement commun du premier millénaire chrétien, là la déchirure s’est prolongée jusqu’au seuil de la Bible, seuil parfois même dépassé. Mais si l’on cherche à dire qu’avec les Églises orientales on a en commun le premier millénaire, et avec les protestants « seulement » la Bible, il faut alors vite ajouter cette correction : qui n’a en commun que la « seule » Bible a en même temps infiniment plus : l’unique Père, l’unique Esprit, l’unique Seigneur qui est notre frère à tous : Jésus-Christ. Le Concile ne peut pas encore causer la réunion de tous les chrétiens, mais il permet de s’apercevoir de tout ce qui est déjà commun, et donc, dans le fond, de s’apercevoir à quel point nous sommes déjà unis, même si nous avons encore du mal à le voir. Au lieu de tant regarder les fossés qui nous séparent, il faudrait faire davantage attention à cet essentiel qui nous unit.

 

Le mystère de l’Église

Rappelons-nous que cette question, précisément, n’est pas neuve et qu’elle est lestée depuis longtemps d’une certaine hypothèque. Jusqu’en notre siècle, elle avait reçu de saint Robert Bellarmin son empreinte décisive, suite aux controverses avec les réformateurs. Partir d’une position « anti » quelque chose constitue toujours une mauvaise hypothèse pour arriver à un état positif de la question. Pour s’opposer à l’idée réformée de l’invisibilité de l’Église, Bellarmin avait insisté avec emphase sur sa dimension institutionnelle, sur ce qui est visiblement repérable en elle, mais à un tel point qu’il s’était laissé entraîner à dire que l’Église était aussi visible que la République de Venise. L’encyclique Mystici corporis, de 1943, avait certes conduit à un grand pas en avant, mais face au caractère fortement souligné de la visibilité de l’Église, la dimension positive des chrétiens séparés de Rome apparaissait à peine, d’autant plus que l’élaboration de la notion d’Église à partir de celle de Corps mystique avait favorisé à bien des égards, et surtout en Allemagne, une simplification qui consistait à dire que l’Église n’était rien d’autre que le Christ continué, ce qui pouvait aisément conduire à une fausse identification du Christ et de l’Église. Même si dans l’encyclique ce danger ne menaçait pas, il n’en demeurait pas moins que son point de départ – parfaitement légitime à l’époque où elle fut écrite – était quelque peu limité. Si l’on ouvre par contre le nouveau schéma, on s’aperçoit avec évidence de l’intense recours qui est fait à la totalité du témoignage biblique. A la notion de corps du Christ s’ajoute celle de peuple de Dieu, à la dimension christologique la dimension pneumatologique, à la structure sacramentelle la structure charismatique. En un mot, le schéma fait clairement apparaître la multipolarité du témoignage biblique au sujet de l’Église. Il devenait ainsi possible de marquer des nuances dans la question de l’appartenance à l’Église, ce qui ouvrait la porte à une nouvelle problématique de la question oecuménique. De tout cela, nous aurons encore à reparler spécifiquement et en détail. La question qui depuis le début des discussions remuait les théologiens – et à vrai dire tous les chrétiens avec eux – était celle-ci : quels accents le Concile allait-il porter dans ses débats sur cette question, en quelle direction allait-il développer le texte ? Rendre compte de la réponse du Concile est presque impossible, parce qu’il faudrait, bien évidemment, reprendre tout le choeur des opinions qui ont été émises, la multiplicité bariolée des possibilités théologiques qui ont parcouru l’assemblée de sa « droite » jusqu’à sa « gauche », si cette image tirée de la vie politique peut s’appliquer en l’espèce.

L’Église et le salut

Cela revient à dire que l’Église n’est pas une réalité fermée sur elle-même, définie une fois pour toutes,transcendant pour ainsi dire temps et espace, mais que, par sa nature même, elle demeure en chemin, qu’elle présente l’histoire de Dieu avec les hommes. De ce Dieu qui depuis Adam et Abel a fait route avec les hommes, qui dans l’événement de l’Alliance marche avec eux dans l’histoire. On devrait ainsi pouvoir esquisser une vision vivante de l’Église qui, jamais achevée, soit cheminement avec les hommes vers et avec le Dieu qui les appelle à lui. Si l’Église est ainsi comprise, comme cette histoire sans cesse renouvelée entre Dieu et les hommes, il en résulte logiquement ce que l’on pourrait appeler une « vision eschatologique » de l’Église. Car si, de par sa nature même, l’Église est pérégrinante, cela signifie aussi qu’elle ne s’occupe pas seulement du passé, même si elle demeure centrée sur l’événement unique et définitif qu’est le Christ. Elle doit savoir, en même temps, que précisément ce même Christ vers qui elle tourne rétrospectivement son regard, de qui elle provient, est aussi le Seigneur qui doit venir et qu’en regardant vers lui, elle est aussi en marche vers l’avenir. Une Église résolument christocentrique n’est pas simplement tournée vers l’événement de salut qui s’est produit dans le passé, elle est toujours aussi cette Église qui se situe sous le signe de l’espérance.

Extraits de : Joseph Ratzinger, Mon Concile Vatican IIéd. Artège

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